Congrès International sur l'Identité de Genre et les Droits de l'Homme

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La transsexualité est une constante qui se manifeste dans toute société humaine depuis toujours, bien qu'aujourd'hui la médecine moderne permette une plus grande adaptation de l'apparence physique de la personne transsexuelle, au genre senti comme étant le sien propre. Cependant, au fil du temps, les réponses que les différentes sociétés ont apportées à cette réalité humaine ont été diverses et variées, en fonction des époques et des aires géographiques. Quelques-unes de ces sociétés ont accepté de manière plus ou moins importante cette réalité, et de ce fait ont articulé des mécanismes sociaux et des lois qui promeuvent l'intégration des personnes transsexuelles au sein de la société, comme membres de plein droit. D'autres ont manifesté divers degrés de refus, allant parfois jusqu'à la persécution ou la répression de la transsexualité par le biais de politiques violentes d'éradication, de rééducation ou de persécution sociale. En ont résultées de graves violations des droits de l'homme.

 

Actuellement, bien que quelques états aient reconnu la transsexualité comme une autre condition des possibles chez l'être humain, et bien qu'ils aient articulé des mécanismes pour leur protection et la reconnaissance de leurs droits civils (le droit au mariage, à recevoir une aide sanitaire dans le processus de changement concernant l'apparence physique, la reconnaissance civile du changement d'identité, l'exercice des droits de la famille, etc.), d'autres états imposent des politiques de répression qui peuvent aller jusqu'à l'emprisonnement, un châtiment corporel ou encore la peine de mort. Sans pour autant en venir à de telles extrémités, de nombreuses sociétés pratiquent divers degrés de violence institutionnelle (persécution policière, absence de tutelle légale) ou sont étonnamment tolérantes envers les violences sociales qui sont exercées contre les minorités transsexuelles (manque de protection judiciaire ou policière devant des meurtres, des lynchages ou de moindres agressions). Ce constat dresse un tableau contraire aux engagements qui ont été pris, avec la souscription de la lettre des Droits humains Fondamentaux de l'ONU.

 

Finalement, même dans ces sociétés plus avancées dans l'acceptation et la reconnaissance de la transsexualité, l'ensemble des personnes transsexuelles souffrent d'un fort degré de refus social, et rencontrent de nombreuses difficultés en ce qui concerne l'insertion sur le marché de travail, l'accès à la demeure, l'aide sanitaire, l'exercice de leurs droits familiers, sexuels et reproductifs; cela engendre le fait que ce groupe d'individus est l'un des plus défavorisés de la société.__Int-gration-quel-avenir.jpg

 Les personnes transsexuelles, statistiquement parlant, sont un des groupes les plus affectés par des conditions de vie marginales (prostitution, usage de drogue, etc.) et par la difficulté d'une insertion dans le monde du travail; c'est probablement le collectif d'individus avec le plus grand taux de suicide ou de morts liées à des déficiences dans l'aide sanitaire reçue pour le processus de transition. Les réussites ponctuelles qui ont été rencontrées dans des états tels que l'Espagne, l'Uruguay, la Grande-Bretagne, la Hollande, etc. ne cachent pas, étant donné que nous nous mouvons dans une société globale, leur portée limitée et plusieurs fois non reconnue outre les frontières des états titulaires.

 

Dans ce contexte, Human Rights Watch, conjointement à de nombreuses administrations publiques espagnoles et étrangères ainsi qu'à un nombre important de collectifs et d'associations œuvrant pour la reconnaissance des droits des transsexuels et du mouvement LGTB espagnol et international, ont décidé l'organisation d'une conférence internationale sur la transsexualité et les droits de l'homme. L'idée de réaliser, pour la première fois, une conférence mondiale avec des personnes transsexuelles, par des personnes transsexuelles et pour des personnes transsexuelles, a pour objectif final de réunir un groupe insuffisamment représenté dans la société et de lui donner la parole, de prendre en considération de façon globale et pour la première fois, avec la participation d'individus venant de tous horizons et appartenant à différentes cultures, leurs problèmes, revendications, et solutions proposées. Pour finir, le but est aussi d'obtenir l'approbation d'un document de base s'adressant à tous les Etats, les Organisations Internationales, les Associations et Organisations Non Gouvernementales; ce dernier doit servir comme document de travail, ligne d'orientation et plan d'objectifs pour l'implantation de politiques législatives de protection des droits de l'homme, lesquelles ont à s'appliquer à l'ensemble des personnes transsexuelles.

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